18 octobre 2011

« L ’itinérance est une tache dans le décor de la prospérité »

Voilà comment Céline Bellot, de l’École de service social de l’Université de Montréal comprend avec lucidité l’idéologie qui paraît sous-tendre les politiques répressives de la Ville de Montréal, visiblement motivées par un esprit de tolérance zéro. Vagabondage, crachats, cendres ou liquides jetés à terre, squeegee, chiens, flânage dans les parcs après minuit… Les raisons pour lesquelles les policiers peuvent donner des contraventions aux sans-abri sont en effet aussi nombreuses que tirées par les cheveux. Des contraventions que ces marginaux ne peuvent pas payer et qui peuvent les mener en prison, engorgeant dès lors le système judiciaire et judiciarisant une population déjà prise à la gorge.

Samedi soir après avoir soupé (terme québécois) ou dîner (en français)  dans un petit resto indien au quartier des spectacles, nous avons assisté à la première mondiale du film "Les Tickets: l'arme de la répression" de Roach. Grâce au Festival du Nouveau Cinéma nous pouvons depuis la deuxième année consécutive voir des films qui sortent des grosses productions américaines ou de films plus populaires (contre lesquels je n'ai rien je vous rassure).

Ce documentaire de 45 min montre à quel point un gouvernement peut être stupide et alourdir la facture du contribuable en condamnant certaines personnes alors qu'une solution plus adaptée permettrait une réinsertion et le maintien de la dignité humaine. Bien qu'un sentiment amer me restait en bouche en sortant de la salle je me disais en France çà ne se passe pas comme çà heureusement. Et bien je me suis bien trompée. Le lendemain même j'entendais aux infos de 20h que Marseille a décidé de suivre le même modèle. Arguments défendus: Rendre la ville plus sécuritaire et éviter la mendicité. Que l'on s'entende, ces gens ne font pas la manche ni ne sont dans la rue par volonté ou plaisir. Ils n'ont pas le choix et on voudrait en plus les priver de leur liberté d'utiliser les trottoirs, de consommer de l'alcool sur la voie public, de laver les pare-brises et j'en passe. La liberté est la dernière chose qu'il leur reste et on sait bien qu'ils n'ont pas de quoi payer. Une contravention de 38€ pour des bêtises (pour ne pas dire des conneries qui ne tiennent pas debout) çà me révolte. Sur Montréal justement des sans-abris se retrouvent avec 15 000$ et plus de contraventions. La prison est la seule solution pour payer leur dette rendant ces gens-là encore plus révoltés par le système. Surtout qu'il ne faut pas oublier de dire que si Madame Monsieur tout le monde reste sur un banc à flaner, eux n'auront pas de tickets. Ou est l'égalité?????

 

tickets

Je ne sais pas si ce documentaire passera un jour en France mais une chose est sûre le maire de Marseille aurait dû le visionner avant d'appliquer cela. Ce n'est pas en mettant de côté les plus faibles qu'on constitue une société démocratique.

https://www.facebook.com/LesTickets?sk=info

Posté par Domestel à 18:32 - Commentaires [0]


10 octobre 2011

Coup de coeur

J'essaie, bien que je sois à temps complet et que la fatigue soit bien présente en fin de journée, de maintenir ma séance de cinéma hebdomadaire. Cette semaine, j'attendais avec impatience la sortie du film de Jean-Marc Vallée "Café de Flore". Je ne sais pas si vous en avez entendu parler dans l'hexagone mais lorsqu'il sortira je vous le conseille fortement.

café de flore

Le réalisateur à travaillé neuf ans sur ce long-métrage. Il avait déjà des personnages en tête ainsi qu'une trame mais c'est lorsqu'il est tombée sur une vieille chanson qu'il a décidé que la musique serait omniprésente et qu'elle musique pusique dès l'instant où vous l'écoutez elle ne vous lâche plus.

Ce film est un hymne à l'amour. Pour tous les romantiques, les émotifs, les passionnés, courez-y vous ne serez pas déçu.

Ma lili, si tu lis ce message, j'ai trouvé le concurrent québécois de Marc Lavoine. Il s'appelle Kevin Parent et comme disent les québécoises "Il est cute".

kevin parent

Synopsis:

Il n'est pas facile de dire adieu à ceux qu'on aime; pour y parvenir, il faut parfois toute une vie - ou deux.

Entre le Paris des années 1960 et le Montréal d'aujourd'hui se déploie une vaste histoire d'amour aux accents épiques, à la fois sombre et lumineuse, troublante et malgré tout pleine d'espoir. Film teinté de fantastique, baigné d'une lumière parfois presque surnaturelle, Café de Flore raconte les destins croisés de Jacqueline une jeune Parisienne mère d'un enfant unique, d'Antoine un DJ montréalais ainsi que des femmes qui l'entourent. Ce qui les relie: l'amour, troublant, maladroit, imparfait et inachevé... humain.

Posté par Domestel à 16:11 - Commentaires [1]
02 octobre 2011

Après mon quartier voici ma ville

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01 octobre 2011

Subjuguée

Hier soir après une semaine bien remplie et malgré une fatigue assez intense j'ai eu le courage d'aller Place des Arts voir Eastman VZW de Sidi Larbi Cherkaoui et Damien Jalet.

Depuis plusieurs semaines j'avais programmé mon année de danse. Faute de moyens l'année dernière je mettais fais à l'idée que j'en profiterai mieux ensuite. Et bien c'est chose faite puisque je me suis abonnée au Grands Ballets Canadiens ainsi qu'à Danse Danse.

Dès les premières secondes j'ai été absorbé par l'univers du chorégraphe. Je ne sais pas si ce spectacle est passé en France, je suppose puisque c'est une troupe belge. Je vous le conseille fortement. Tout y était: musiques et chants qui vous traversent des orteils jusqu'au bout des cheveux, émotions, gestuelles, prouesses physiques, interprétation, humour. Sans oublier un message fort, quelque soit notre couleur de peau, notre nationalité, notre langue, le corps et la gestuelle sont universels.

Sidi Larbi Cherkaoui nous revient avec Babel(words), conclusion de la trilogie sur la quête religieuse et identitaire amorcée avec Foi (2003) et Myth (2007), également présentées par Danse Danse. Avec ses très talentueux complices, le chorégraphe Damien Jalet et le plasticien Antony Gormley (Sutra), le créateur belgo-marocain s’empare du symbole par excellence du chaos pour en extraire une possibilité d’harmonie. Avec une distribution digne du Concert des nations, 18 danseurs et musiciens représentant 13 pays et 7 religions, « sa » Babel(words) s’élève sur une splendide trame musicale où s’entremêlent percussions japonaises, harpe, chants polyphoniques médiévaux (magnifiques Patrizcia Bovi et Christine Leboutte) et rythmes de l’Inde et du Moyen-Orient. En ce début de siècle déchiré entre la tentation de la globalisation et les ardeurs nationalistes, « Babel(words) a la séduction des pièces qui tombent à propos […], la force d’un manifeste poétique, […] une hybridité intelligente en guise de bannière ». (Le Temps, Genève)


Eastman vzw - BABEL(words) from DANSE DANSE on Vimeo.

Posté par Domestel à 10:52 - Commentaires [0]


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