« L ’itinérance est une tache dans le décor de la prospérité »
Voilà comment Céline Bellot, de l’École de service social de l’Université de Montréal comprend avec lucidité l’idéologie qui paraît sous-tendre les politiques répressives de la Ville de Montréal, visiblement motivées par un esprit de tolérance zéro. Vagabondage, crachats, cendres ou liquides jetés à terre, squeegee, chiens, flânage dans les parcs après minuit… Les raisons pour lesquelles les policiers peuvent donner des contraventions aux sans-abri sont en effet aussi nombreuses que tirées par les cheveux. Des contraventions que ces marginaux ne peuvent pas payer et qui peuvent les mener en prison, engorgeant dès lors le système judiciaire et judiciarisant une population déjà prise à la gorge.
Samedi soir après avoir soupé (terme québécois) ou dîner (en français) dans un petit resto indien au quartier des spectacles, nous avons assisté à la première mondiale du film "Les Tickets: l'arme de la répression" de Roach. Grâce au Festival du Nouveau Cinéma nous pouvons depuis la deuxième année consécutive voir des films qui sortent des grosses productions américaines ou de films plus populaires (contre lesquels je n'ai rien je vous rassure).
Ce documentaire de 45 min montre à quel point un gouvernement peut être stupide et alourdir la facture du contribuable en condamnant certaines personnes alors qu'une solution plus adaptée permettrait une réinsertion et le maintien de la dignité humaine. Bien qu'un sentiment amer me restait en bouche en sortant de la salle je me disais en France çà ne se passe pas comme çà heureusement. Et bien je me suis bien trompée. Le lendemain même j'entendais aux infos de 20h que Marseille a décidé de suivre le même modèle. Arguments défendus: Rendre la ville plus sécuritaire et éviter la mendicité. Que l'on s'entende, ces gens ne font pas la manche ni ne sont dans la rue par volonté ou plaisir. Ils n'ont pas le choix et on voudrait en plus les priver de leur liberté d'utiliser les trottoirs, de consommer de l'alcool sur la voie public, de laver les pare-brises et j'en passe. La liberté est la dernière chose qu'il leur reste et on sait bien qu'ils n'ont pas de quoi payer. Une contravention de 38€ pour des bêtises (pour ne pas dire des conneries qui ne tiennent pas debout) çà me révolte. Sur Montréal justement des sans-abris se retrouvent avec 15 000$ et plus de contraventions. La prison est la seule solution pour payer leur dette rendant ces gens-là encore plus révoltés par le système. Surtout qu'il ne faut pas oublier de dire que si Madame Monsieur tout le monde reste sur un banc à flaner, eux n'auront pas de tickets. Ou est l'égalité?????

Je ne sais pas si ce documentaire passera un jour en France mais une chose est sûre le maire de Marseille aurait dû le visionner avant d'appliquer cela. Ce n'est pas en mettant de côté les plus faibles qu'on constitue une société démocratique.
https://www.facebook.com/LesTickets?sk=info

